L’artiste Anne Mandorla nous ouvre les portes de son atelier en région parisienne pour une immersion dans son univers artistique singulier.

Bonjour Anne, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis artiste peintre et graveuse. J’ai étudié pendant 12 ans tout en travaillant. J’ai fait les Beaux-Arts à Nancy, une licence d’arts plastiques à la Sorbonne et une maîtrise d’histoire de l’art à Nancy. Installée en Île-de-France depuis 30 ans, je poursuis mon travail artistique.

Comment l’art est-il entré dans votre vie ?
Très tôt, dès l’enfance. Dans ma famille, des artisans d’art m’ont beaucoup inspirée. Mes parents m’ont ouverte à l’observation, au regard, à la visite de châteaux. Mon père m’a aussi éveillée à l’histoire, ma mère à l’observation de la nature. Elle m’a appris le nom des fleurs et des plantes. Dès le plus jeune âge, j’aimais dessiner. On était une famille nombreuse et quand je prenais un crayon, on me laissait tranquille. À l’école, les tampons encreurs de la maîtresse devenaient des séries de fleurs et de maisons, mes premiers pas vers la gravure. À 16 ans, j’ai intégré une académie d’arts plastiques où j’ai découvert les musées. Puis, à 18 ans, j’ai rejoint les Beaux-Arts de Nancy, où j’ai exploré la peinture, la gravure, la photographie et le graphisme. J’étais vraiment dans mon élément. La couleur et la peinture ont été des coups de cœur immédiats.
Quelle artiste êtes-vous et quelle relation entretenez-vous avec la créativité ?
Je suis une artiste introspective et prolifique. Je crée beaucoup, surtout entre février et octobre, suivant la lumière naturelle. Sans lumière, pas de couleurs. La créativité est mon moteur vital, liée au cycle lumineux. La lumière est un élément indispensable, un moteur. Je me sens avant tout peintre, mais la gravure nourrit aussi ma pratique.


Quelles sont vos inspirations ?
Je suis fortement inspirée par la forêt, les végétaux, le mouvement et l’eau.
Pourriez-vous décrire votre processus créatif ?
C’est un processus physique et mental. Tout commence par une marche en forêt, où j’observe les couleurs et les trouées de lumière dans le paysage. Devant un lieu qui retient mon attention par une lumière ou une composition intéressante, j’imagine comment l’aborder en peinture. Je réalise des peintures mentales, non réelles. Je prends aussi des photos que je regarde le soir, puis je passe à l’atelier et le processus de créativité s’opère. Je prépare mes pigments et j’applique la couleur sur des papiers ou des toiles avec divers pinceaux, de la brosse au pinceau chinois. Un geste spontané restitue mes impressions du paysage. Le choix et la juxtaposition des couleurs participent à la composition et aux mouvements. Ensuite, je maroufle moi-même mes œuvres sur toile et châssis, un processus qui me rappelle le savoir-faire ancestral de ma famille lorraine autour des toiles et de la broderie.




Y a-t-il des artistes qui vous ont particulièrement influencé durant votre parcours ?
J’ai été très marquée par les impressionnistes (la couleur, le mouvement, la composition décentrée), les peintres traditionnelles chinois et les graveurs japonais.
Comment définiriez-vous votre univers artistique ?
J’espère avoir trouvé un style qui m’est personnel. J’ai beaucoup étudié l’histoire de l’art occidental puis j’ai élagué pour garder une certaine épure. Le Tai-Chi, mes lectures et l’art asiatique m’ont appris l’importance du vide face au plein.
Depuis votre entrée à la Galerie Durst, votre style a-t-il évolué ?
Oui, vers plus de liberté et de lâcher-prise.
Y a-t-il un message ou une émotion que vous espérez transmettre à travers vos œuvres ?
Oui, la liberté, la joie, le mouvement, une dynamique positive.
Pourriez-vous partager un moment marquant de votre parcours ?
Comme Virginia Woolf avec A Room of One’s Own, je me suis accordée librement à ma pratique artistique lorsque j’ai trouvé un atelier et un mode de vie centré autour de cette pratique.
Avez-vous des projets artistiques futurs ?
Je vais continuer à peindre, à créer, à faire mes recherches, et je souhaiterais exposer davantage en solo.
Un conseil pour un·e jeune artiste ?
Soyez vous-même, connaissez votre contexte artistique et travaillez beaucoup. Jeunes artistes femmes, imposez-vous !

Prochaine exposition de la Galerie Durst :
Caresser la couleur d’Anne Mandorla
Du 20 mars au 12 avril 2025
Vernissage le samedi 22 mars de 15h à 19h